Performances explosives, système d’exploitation largement amélioré et prix raisonnable : le N5200XXX de Thecus est un Nas haut de gamme réussi. A cause d'une parie logicielle un peu en retrait, on le réservera toutefois aux utilisateurs avancés ayant avant tout besoin d’un serveur de fichiers peformant.
Avant de lire ce dossier, nous vous conseillons de parcourir l'article que nous avons consacré à notre méthodologie de test. Il vous présentera notre grille d'analyse des fonctions proposées par les Nas (Stocker, Sécuriser, Servir) et vous expliquera l'utilité de certaines mesures.
Le N5200XXX est le fleuron d’une gamme annoncée en début d’année par Thecus. D’une capacité d’accueil de 5 disques durs, il intègre ce qui se fait de mieux à ce jour en termes de processeurs pour Nas minitour : Intel Atom D525 double cœur, cadencé à 1,8 GHz et secondé par 1 Go de mémoire vive DDR3.
En dépit de cette configuration haut de gamme, le prix annoncé reste raisonnable : 639 € ttc. A caractéristiques équivalentes, on se situe clairement dans une fourchette basse. C’est à peine plus cher qu’un TS-259 Pro+ de Qnap qui, pourtant, ne pourra accueillir que deux disques durs. Pour l’équivalent chez Synology, le DS1511+, comptez plus d’une centaine d’euros de rab.
Bien sûr, ce prix ne comprend pas celui des disques durs : sachez toutefois que vous n’êtes pas obligés de tous les acheter d’un coup. Le système d’exploitation du Nas vous permet de les ajouter au fur et à mesure de l’évolution de vos besoins – et de vos moyens !
Livré dans un emballage protecteur de très bonne facture, le N5200XXX ne se laisse pas facilement saisir : il pèse plus de 7 Kg sans les disques ! Un poids qui confère à la sensation de robustesse dégagée par l’appareil. Les finitions sont excellentes et l’installation des disques un plaisir. Bien qu’en plastique, la porte de la façade ne vient pas dégrader la bonne impression qui se dégage de l’ensemble.
Les connexions sont complètes : on retrouve deux prises réseau, quatre USB 2.0, un eSata, le tout à l’arrière. A l’avant, un écran LCD affiche les paramètres essentiels du Nas, dont l’état et l’adresse IP, et permet de commander quelques opérations telles que la décharge d’une clé USB.
L’ouverture du boîtier révèle la carte mère. On remarque notamment un ventilateur sur le processeur central, ainsi que les doubles modules DOM (firmware) dont nous parlerons plus tard.
La gamme XXX est équipée de la récente version 5 du système d’exploitation des Nas Thecus. Parmi les nouveautés, on relève notamment la présence d’un système d’aide en ligne (en anglais hélas) et d’une fonction recherche. Les deux permettent de s’y retrouver rapidement dans le florilège de réglages proposés, ce qui n’était pas toujours évident.
La traduction française a également été améliorée, tandis qu’un gestionnaire de modules permet, sans quitter l’interface, de télécharger et d’installer automatiquement de nouvelles fonctions. Si les modules ne sont pas une nouveauté chez Thecus, cette interface simplifie grandement leur installation et leur mise à jour. Le constructeur fourni en outre un kit de développement qui devrait permettre à la communauté d’enrichir le nombre de modules proposés.
L’initialisation du système se fait sans difficultés. Après avoir inséré les disques dans les chariots prévus à cet effet, il suffit d’identifier l’adresse IP du Nas grâce à son écran LCD, par exemple, pour s’y connecter via un navigateur. On choisit alors de créer un volume Raid (0, 1, 5, 6, 10, Jbod) puis un répertoire partagé. Rappelons que l’ajout de disques au fil du temps est possible, tout comme la migration d’un Raid vers un niveau supérieur, ou encore le remplacement de disques pour des modèles de plus grande capacité. Le tout sans pertes de données et sans éteindre la machine.
Le N5200XXX gère les systèmes de fichiers Ext3 et Ext4, mais aussi Xfs et Zfs. Si vous ne savez pas lequel choisir, optez pour Ext4.
On crée ensuite des utilisateurs auxquels on confie les droits d’accès sur le répertoire partagé. Il est possible de les réunir en groupes, ou encore de synchroniser le Nas avec un annuaire Active Directory. L’import de listes d’utilisateurs est prévu, tout comme l’attribution d’un quota.
Le N5200XXX s’intègrera à la plupart des environnements de travail grâce à la grande variété de protocoles d’accès pris en charge : Windows (CIFS / SMB), Linux/Unix (NFS), mais aussi FTP, Webdav et, plus rare, TFTP. Côté sécurité, l’appareil prend en charge les connexions Https et FTPS.
On pourra en outre utiliser le N5200XXX comme volume de stockage d’un serveur, puisqu’il gère le protocole iSCSI, avec Thin provisionning et authentification Chap.
A l’heure où les fabricants de Nas n’ont plus que le mot Cloud à la bouche (principe de pouvoir accéder à ses données depuis n’importe où), il est dommage que le système d’exploitation de Thecus n’intègre pas de gestionnaire de services d’IP dynamique. Rappelons que cette fonction permet d’attribuer au Nas une adresse internet du type http://MON-NAS.no-ip.org, le rendant de fait simplement accessible à toute machine connectée à internet (sous réserve de disposer des codes d’accès, évidemment). Il existe cependant un module non officiel pour palier ce manque (nous ne l’avons pas testé). On peut aussi utiliser, si disponible, la fonction équivalente de son routeur.
Cela fait, on dispose d’une interface d’accès Web très ergonomique permettant de naviguer dans ses répertoires, de télécharger des fichiers, de les réorganiser par glisser/déposer. Le fonctionnement est proche de celui de l’explorateur de fichiers Windows. On peut également uploader des fichiers mais pas plus de 7 simultanément.
Thecus Share est une application disponible sur plateformes iOS (iPhone, iPad). Elle permet d’accéder aux fichiers multimédia du Nas (photos, vidéos, audio), de les télécharger et d’en transférer. Nos tests sur iPad n’ont pas vraiment été concluants avec un manque de stabilité certain de l’application. D’après Thecus, ces bugs sont en voie de résolution, tandis qu’il est prévu d’offrir prochainement un accès aux autres types de documents.
Thecus équipe tous ses Nas de l’excellent serveur multimédia Twonky. Rappelons que celui-ci permet de diffuser du contenu multimédia sur les périphériques compatibles avec la norme UPNP/DLNA. Et ils sont de plus en plus nombreux : téléviseurs, lecteurs multimédias de salon, consoles de jeu, etc. Son seul défaut est, pour les amateurs de films en version originale, de ne pas gérer les sous-titres stockés sous forme de fichiers externes.
Le N5200XXX est par ailleurs pourvu du classique serveur iTunes : cela permet d’accéder aux MP3 stockés depuis l’interface d’iTunes sur un PC/Mac relié au même réseau.
Piczza s’installe via le gestionnaire de modules. Il s’agit d’un serveur de photos permettant aux utilisateurs de partager simplement des photos entre eux. Chacun peut laisser des commentaires, classer des photos dans ses favoris, créer ses propres albums, etc. L’ergonomie générale est bonne bien que l’interface soit encore en anglais et entachée de quelques bugs. Les photos restent privées et il est nécessaire de disposer d’un compte pour les consulter.
On peut exporter une sélection de photos sous forme de page web en choisissant l’un des modèles proposés. L’opération s’avère extrêmement simple et ne demande pas plus de quelques instants. Il est possible de consulter un album sous forme de diaporama.
Globalement Piczza est une réussite dont nous attendons beaucoup une fois les derniers bugs corrigés et l’interface localisée en Français.
Le N5200XXX permet de régler la consommation du Nas de manière très satisfaisante. Heureusement car avec 5 disques, le niveau de consommation n’est évidemment pas négligeable avec pas loin de 50W sous tension. On peut demander l’allumage du Nas par plage horaire avec un réglage différent par jour de la semaine. Et si on a besoin d’y accéder à distance alors qu’il est éteint, une fonction de réveil par le réseau (Wake-on-lan) est proposée.
Voici les niveaux de consommation relevés avec 5 disques. Nous n’avons pu tester le mode veille car les disques utilisés lors du test ne figurent pas dans la liste de compatibilité de Thecus. N’oubliez pas de vérifier avant l’achat.

Le refroidissement est assuré par un imposant ventilateur de 90 mm à l’arrière. En dépit de la présence du bloc d’alimentation en bas du boîtier, la température des disques reste raisonnable. En contrepartie, on acceptera que le Nas ne se fasse pas particulièrement discret, d’autant qu’il n’y a pas d’options pour régler la vitesse du ventilateur.

Les disques sont numérotés de haut en bas.
Thecus est le seul fabricant de Nas à proposer, dans cette catégorie de produits, un modèle équipé d’un double DOM (Disk-on-module), la zone mémoire qui contient la zone d’amorçage (firmware) de la machine. En cas de panne du premier, le second module entre en action et le Nas reste fonctionnel. Un menu spécifique du panneau de configuration permet de paramétrer la fréquence de sauvegarde, ou bien de laisser le Nas se débrouiller en mode automatique, ce qui est conseillé. Si l’on ne dispose pas de statistiques sur la fréquence des pannes de firmwares de Nas, cette double protection n’en demeure pas moins un atout non négligeable de ce N5200XXX. D’après Thecus, elle permet de sauver le Nas dans 67% des cas des défaillances de firmware.
Si vraiment vous n’avez pas de chance et que l’appareil tombe malgré tout en panne, vos données ne sont pas irrémédiablement perdues pour autant. Il est possible de ré-installer les disques dans un Nas identique pour retrouver un système fonctionnel (fonction de roaming).
L’analyse des disques se demande manuellement pour chaque disque : il n’est pas possible de la planifier, comme chez Qnap par exemple. Cette opération permet de détecter les secteurs défectueux d’un disque afin de conserver l’intégrité du volume Raid, et d’éviter les pertes de données en cas de panne de disque. Car comme nous l’avons déjà expliqué, les mécanismes Raid 1 / Raid 5 / Raid 6 offrent un sentiment trompeur de sécurité. On aurait donc aimé un peu plus de convivialité dans l’opération ainsi qu’un traitement automatisé d’éventuelles erreurs détectées.
Nos crashs test ont révélé la fiabilité du N5200XXX en cas de problème. La coupure brutale du courant lors d’une copie de fichier engendre une série de vérifications lors de la remise sous tension du Nas. Remise sous tension qui n’est toutefois pas automatique. Le retrait d’un disque lors d’une copie de fichier n’interrompt pas celle-ci, mais enclenche les mécanismes d’alertes définis : bip continu, LED rouge et envoi d’emails. Difficile de passer à côté !
Le N5200XXX offre la possibilité de crypter un volume avec un codage AES-256 bits. Lors de la création du volume, il faut pour insérer une clé USB dans un port disponible afin d’y stocker la clé de décryptage. Par la suite, il sera impossible de relire les données sans que ladite clé ne soit insérée : attention à ne pas la perdre !
Ce mécanisme de protection vise ainsi à protéger vos données en cas de vol du Nas. Il impose une présence physique près de l’appareil pour déverrouiller son contenu (comme pour un coffre fort), quand d’autres modèles se contentent de demander un mot de passe. Le système de Thecus est un peu moins souple : si la clé est volée en même temps que le Nas, alors la protection ne sert à rien. Il faut donc bien veiller à la retirer quand la machine n’est plus surveillée (ce qui coupe alors au passage toute possibilité d’accès aux données à distance).
Le cryptage est réalisé par le processeur Atom et non une puce dédiée : les performances s’en ressentent fortement une baisse d’environ 80% en débit brut…


On n’insistera jamais assez sur la nécessité de sauvegarder ses données critiques en double exemplaire, l’idéal étant que la copie soit réalisée hors site. A cette fin, Thecus propose un client Rsync, qui est un des protocoles de sauvegarde les plus largement utilisés. On trouvera sans difficulté un autre Nas compatible, même de marque différente. Il sera alors possible de synchroniser les deux sans difficultés, en local ou via une connexion internet.
Pour sauvegarder le Nas sur un volume externe USB ou eSata, il faut installer un module supplémentaire, ce qui est un peu contraignant. Surtout quand la plupart des Nas concurrents proposent cette fonction d’emblée.
Le Nas en lui-même fera facilement office de cible de sauvegarde via divers mécanismes :
La configuration utilisée dans les tests était la suivante :
Nous avons testé le N5200XXX avec cinq disques durs paramétrés en Raid 5, en utilisant le dernier firmware disponible lors du test. Nous avons intégré les résultats de tests précédents, bien que pas directement comparables : le Qnap TS-259 Pro fonctionne en Raid 1, et le N0503 de Thecus n’intègre que 3 disques.
On commence par les mesures de vitesse en copies de fichier Windows.

On commence avec un très bon résultat, puisque le N5200XXX frôle la barre des 70 Mo/s en débit brut. C’est moins que le Qnap, mais rappelons que celui-ci ne travaille qu’en Raid 1 avec 2 disques. Concernant la vitesse de traitement des petits fichiers, c’est excellent avec 10,4 Mo/s, qui est le score le plus élevé jamais constaté par nos soins.

Les résultats sont de nouveaux très bons en FTP, bien qu’inférieurs dans tous les cas aux vitesses relevées en transferts Windows. On évitera donc ce mode de préférence, surtout à cause de ses piètres performances en transferts multiples.
Pas de mesures iSCSI pour ce modèle en lecture, les résultats relevés étant totalement incohérents. Nous avons signalé le problème à Thecus.
Passons maintenant à la copie de fichiers sur le Nas.

C’est excellent ! Le N5200XXX pulvérise nos précédents records avec plus de 100 Mo/s en écriture. Pette contre-performances en revanche en écriture de petits fichiers avec seulement 5,4 Mo/s, contre 10,6 Mo/s pour le Qnap.

Une nouvelle fois les transferts FTP ne font pas gagner de temps sur ce Nas : les valeurs sont toutes inférieures aux débits mesurés en copie de fichiers Windows.

C’est excellent une fois de plus. Avec 110 Mo/s en écriture, le N5200XXX s’impose dans ce test.
Ces tests consistent à copier des fichiers sur un disque dur connecté au Nas, d’abord via la prise USB, puis eSata.


Comme nous l’avions déjà constaté chez Thecus, la copie de fichiers volumineux sur un disque dur USB 2.0 se révèle problématique avec des erreurs de copie.


Ces problèmes disparraissent heureusement en eSata, qui reste donc l’interface conseillée. Les performances sont en outre nettement meilleures.
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Le N5200XXX gagne une étoile grâce à son très bon rapport qualité/prix. On dispose notamment d’un processeur double cœur de dernière génération qui délivre d’excellentes performances pour un coût raisonnable dans cette catégorie de matériel.
Mais comme d’habitude chez Thecus, si le matériel est très bon, la partie logicielle reste cependant un peu en retrait. Les choses évoluent cependant dans le bon sens et la version 5 du système d’exploitation offre déjà de nombreuses améliorations par rapport aux anciennes moutures de l’OS. On est en outre agréablement surpris par Piczza, le gestionnaire de photos, qui est vraiment prometteur.
Malgré tout, on reste au global en deçà de la concurrence, et l’interface manque à la fois de de finition et d’homogénéité. Le gestionnaire de modules est une bonne idée, mais certains font double emploi, quand d’autres n’ont clairement pas fait l’objet d’autant d’attention que d’autres (module de copie sur volume externe, pourtant une fonction basique). Les outils de téléchargement (Bittorrent, NZB…) sont indigents, non traduits et mal documentés.
Bref, on réservera donc plutôt ce N5200XXX à un usage « sérieux », plus professionnel, par des utilisateurs anglophones n’ayant pas peur de bidouiller un peu ou de chercher à comprendre l’étendue des réglages disponibles. En tant que simple serveur de fichiers – ce qui est tout de même la fonction de base d’un Nas, il faut le rappeler – le N5200XXX est un excellent choix.
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